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Avec nos partenaires du Pérou pour lutter contre la violence faite aux femmes

16 décembre 2019

Nous étions 10.000, ce dimanche 24 novembre dans les rues de Bruxelles, pour dénoncer les violences contre les femmes, et plus particulièrement les « féminicides ». En 2019, en Belgique, 21 femmes ont déjà été tuées cette année sous les coups de leurs compagnons. Jill, 36 ans, avait pourtant porté plainte contre son ex-compagnon. Comme elle, d’autres victimes avaient tenté en vain d’attirer l’attention sur les menaces dont elles faisaient l’objet.

Dans le monde, le bilan des féminicides est gigantesque. Partout, les femmes se lèvent pour que cette violence sexiste soit enfin prise en considération à sa juste mesure et pour que des sanctions soient prises contre les auteurs. Pour qu’enfin les femmes n’aient plus à craindre la violence des hommes.

L’Opération 11.11.11, qui soutient de nombreux projets de promotion de l’égalité de genre depuis des nombreuses années, accompagne cette vague mondiale, notamment en Amérique latine.

Au Pérou, les organisations de femmes soutenues par 11.11.11 obtiennent des avancées, comme l’inscription du « féminicide » dans le code pénal

Particulièrement frappés par les meurtres de femmes, dans une culture machiste très ancrée, plusieurs Etats latino-américains ont été contraints d’agir. Grâce à la mobilisation d’organisations féministes, la notion de féminicide a pu être inscrite dans le code pénal de plusieurs Etats, en tant que circonstance aggravante.

Le Pérou, où l’Opération 11.11.11 soutient un projet de grande ampleur, est un exemple. Après avoir inscrit le féminicide dans le code pénal en 2011, le pays a développé des politiques spécifiques, par exemple en créant des juridictions spécifiques, qui sont aujourd’hui inondées de plaintes. L’an dernier, après un meurtre particulièrement violent, le président péruvien Martin Vizcarra a déclaré que la lutte contre la violence envers les femmes était désormais un enjeu « d’intérêt national et une priorité de l’État », et annoncé de nouvelles mesures.

Cette évolution a été accompagnée depuis des années par l’Opération 11.11.11 et ses partenaires dans la région. L’ONG Action et Coopération pour le Développement dans les Andes (ACDA) a ainsi porté un projet visant à encourager à la fois la représentation politique des femmes et la lutte contre les violences de genre.

Ce projet permet de financer et d’encadrer des grou- pements de femmes organisées pour lutter contre la maltraitance dans le département d’Apurimac. A l’approche des élections communales et régionales, en 2017, ces femmes se sont préparées à présenter des candidates et ont rédigé un programme axé sur la lutte contre les maltraitances faites aux femmes. Elles ont également rencontré les partis poli- tiques pour qu’ils incluent plus de femmes sur leur liste et qu’elles puissent avoir des postes d’influence. Elles ont rédigé un mani- feste qui a servi de base à la campagne électorale.

Le programme rencontre un succès certain : sur 70 femmes qui se sont présentées, 49 ont été élues comme échevines au niveau communal (quatre d’entre elles devenant même bourgmestres) ou régional. elles ont travaillé à faire avancer des propositions de lutte contre la violence de genre. Toutefois, le contexte politique difficile au Pérou, marqué par des grandes tensions autour de problématiques de corruption a souvent fait passer leurs revendications au second plan.

Aujourd’hui, alors que la violence de genre reste endé- mique, les organisations de femmes d’Apurimac en- tendent continuer le combat. Leur programme actuel, qui court jusqu’en 2021, a besoin de financements.

Leurs objectifs ? Notamment promouvoir des activités économiques spécifiquement pour les femmes, qui souvent sont coupées du marché du travail par une culture extrêmement machiste. A Machaguay (Castilla Alta), une boulangerie a ainsi été créée. Une ving- taine de personnes s’y relaient. Des cultures d’avocatiers ont également été lancées. Il faudra du temps pour en avoir les premiers résultats, mais l’activité met hommes et femmes sur un pied d’égalité afin d’augmenter les revenus du ménage. D’autres projets sont en route.

Le programme met toujours la question de la maltraitance en priorité. Il prévoit ainsi des réunions avec des psychologues sur le sujet de la maltraitance des femmes ou le financement d’une maison refuge au niveau provincial. Et la mobilisation politique reste au cœur de la démarche, avec en ligne de mire des élections locales et régionales anticipées.

Le combat contre les violences faites aux femmes progresse, mais beaucoup trop lentement. Combien de femmes devront encore périr sous les coups d’hommes violents avant que la société prenne enfin la mesure de la gravité de la situation ?

En Belgique comme au Pérou, et ailleurs dans le monde, les organisations de femmes ont besoin de votre soutien. C’est pourquoi l’Opération 11..11.11 continuera de les financer, avec votre aide.

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