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Guinée : face au putsch et au Covid, soutenez la société civile pour l’accès à la santé publique

13 octobre 2021

Le peuple de Guinée s’est réveillé le dimanche 5 septembre en constatant l’avènement d’un putsch militaire. Le commandant des forces spéciales a en effet pris le contrôle du pouvoir et arrêté le président Alpha Condé, qui entamait un troisième mandat contesté dans un pays où la constitution n’en permet que deux. Sur place, nos partenaires de la société civile suivent la situation au jour le jour, dans l’attente d’un retour rapide à l’ordre démocratique.

Cette situation politique tendue n’empêche pas nos ONG membres de poursuivre le travail de terrain, singulièrement dans le domaine de la santé, où les besoins sont importants. C’est le cas de Memisa, qui est active en Guinée depuis 2016, avec un large programme centré notamment sur les épidémies et sur la santé mentale.

Même si le continent africain a évité les scénarios catastrophes redoutés en début d’épidémie, les conséquences sont très loin d’être négligeables

Parmi ses activités, difficile de ne pas mentionner d’abord la prévention du Covid-19 Covid-19
Coronavirus
covid-19
coronavirus
. Même si le continent africain a évité les scénarios catastrophes redoutés en début d’épidémie, les conséquences sont très loin d’être négligeables, avec plus de 200 000 morts recensés officiellement. La plupart des pays manquent de vaccins, et seuls 3 % de la population africaine a été entièrement immunisée. La Guinée ne fait pas exception. En outre, il existe une certaine défiance vis-à-vis des vaccins, nourrie par une critique parfois légitime de la gestion publique, mais aussi par différentes théories complotistes.

Même si les Guinéens ne sont pas les plus réticents aux vaccins, il est nécessaire de transmettre des informations exactes à la population. C’est pourquoi, avec son partenaire local FMG (Fraternité Medicale Guinée), Memisa mène des actions de sensibilisation et de formation sur les enjeux de la vaccination. Une campagne d’affichage et de spots radio a été lancée pour encourager les catégories vulnérables à se faire vacciner. Memisa privilégie aussi une communication personnelle directe, avec des visites à domicile ou des discussions de groupe. En outre, pour assurer le bon déroulement de la vaccination, des formations sont organisées pour le personnel médical, qui y reçoit des informations sur la manière de vacciner, les effets secondaires, l’intervalle entre la première et la deuxième dose, etc.

La crise du covid ne doit pas faire oublier les autres problématiques de santé. La santé mentale, si souvent négligée, doit aussi être soutenue

Mais la pandémie du Covid ne doit pas faire oublier les autres problématiques de santé, y compris de santé mentale. Fraternité Médicale Guinée (FMG) accorde une place importante à cette dernière, habituellement peu soutenue en Afrique. Grâce à l’aide de Memisa et le soutien de l’Opération 11.11.11 Opération 11.11.11
récolte de fonds
, FMG a pu étendre son offre de soins en santé mentale à dix centres de santé.

La clé de la réussite de ce projet se trouve dans les travailleurs communautaires. Ce sont eux qui, avec leur moto, visitent les bénéficiaires à domicile. Ils soutiennent les patients et leurs familles. Ils accompagnent également les patients vers un centre de santé où un diagnostic peut être établi et un traitement mis en place. Plusieurs milliers de visites à domicile ont été réalisées depuis le démarrage du projet.

  (Crédit : © Memisa )

Dialo Maryam Kesse est l’une de ces travailleuses communautaires. Trois jours par semaine, elle se rend au domicile de personnes atteintes de maladies mentales et dialogue avec toute la famille. En Guinée, les troubles psychiatriques sont tabous, et son travail débute souvent par de la sensibilisation. Ces efforts portent leurs fruits. Les habitants prennent de plus en plus conscience que l’épilepsie, par exemple, n’est pas une forme de sorcellerie. Autre exemple : les femmes qui souffrent de dépression postnatale reçoivent de plus en plus souvent les soins nécessaires.

Des spots radio sont également diffusés pour parler de santé mentale. C’est après avoir entendu un tel spot que le père de Mamadou, un bénéficiaire, a décidé d’emmener son fils au centre de santé de Korbé. Là, on lui a diagnostiqué une schizophrénie. « Mon fils était confus, effronté et c’était souvent du charabia », explique-t-il. Parfois, nous ne savions pas comment rester avec lui et il nous est arrivé d’attacher une chaîne autour de son pied pour assurer sa propre sécurité. Pendant trois ans, nous avons cherché de l’aide. Entre autres avec les guérisseurs traditionnels, mais sans résultat. Jusqu’à ce que j’apprenne à la radio que le centre de santé de Korbé proposait des consultations pour les personnes souffrant de problèmes mentaux. Je n’ai pas hésité une minute. Depuis que Mamadou est en traitement et sous médicaments, j’ai le sentiment d’avoir retrouvé mon fils. Nous prions ensemble ou nous nous promenons, bref il est calme et la chaîne a disparu »
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Ces quelques exemples illustrent les bénéfices concrets que peuvent apporter ces projets de soutien à la santé publique, dont bénéficient des milliers de personnes.

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