×

Grand confinement et récession mondiale

Le temps des Banques centrales

POINT SUD, les études du CNCD-11.11.11 | n°18

Arnaud Zacharie Arnaud Zacharie 23 juin 2020
Le temps des Banques centrales

L’intervention sans précédent des banques centrales en réponse au Grand confinement permet de réduire les risques de crise de la dette. Elle entraîne néanmoins d’importants effets collatéraux qui exacerbent les problèmes qui existaient avant la crise. La politique monétaire actuelle a en effet tendance à favoriser les bulles financières, à creuser les inégalités, à soutenir les activités polluantes et à ajouter de la dette à la dette. Autrement dit, la politique fondée sur le dogme de la neutralité monétaire a en réalité pour effet de restaurer le « monde d’avant ». C’est pourquoi il est urgent de rendre la politique monétaire cohérente avec les objectifs de développement durable, afin de favoriser la construction d’un « monde d’après » plus juste, durable et résilient.

En particulier, le coût budgétaire de la crise est particulièrement élevé pour les Etats. Malgré le caractère inédit de la crise, la monétisation directe des dépenses publiques, seule manière de ne pas générer de dette supplémentaire, n’a pas été envisagée par les banques centrales. D’autres mesures sont toutefois disponibles et devraient être prises en compte par les banquiers centraux et les gouvernements :

  • Convertir en « dette perpétuelle » de facto non remboursable les titres de la dette publique rachetés par la banque centrale durant la crise du coronavirus.
  • Recourir à la « monnaie hélicoptère » pour soutenir la politique budgétaire sans transiter par les banques et sans générer de dette.
  • Convertir les anciennes obligations achetées par la BCE et arrivées à échéance par de nouvelles obligations environnementales émises par la BEI pour financer le Green Deal.
  • Exclure des programmes de refinancement des banques les actifs financiers liés aux secteurs les plus polluants.
  • Renforcer les exigences de fonds propres des banques les plus exposées aux investissements dans les énergies fossiles.
  • Garantir que tout produit financier proposé par une banque à ses clients respecte par défaut des critères stricts de durabilité.
  • Annuler tout ou partie de la dette publique détenue par les banques centrales à condition que les Etats bénéficiaires investissent les montants annulés dans la transition écologique et sociale.
  • Réviser le mandat des banques centrales pour faire de la neutralité carbone, du plein-emploi et de la stabilité financière des objectifs aussi importants que la stabilité des prix.
  • Instaurer une véritable politique budgétaire et fiscale européenne.
  • Orienter les plans de relance vers les secteurs économiques durables et résilients.
  • Réviser les règles budgétaires de l’UE et le « semestre européen ».
  • Emettre des Droits de tirage spéciaux pour fournir des liquidités aux pays en développement.
  • Annuler sans condition les dettes dues en 2020 par les pays en développement.
  • Instaurer un mécanisme multilatéral équitable et transparent de restructuration des dettes souveraines.

Restons en contact