Rapport du GIEC : Les solutions sont connues, la volonté politique est désormais l’ingrédient manquant

Communiqué de presse
 (Crédit : © Frédéric Levêque 2021
Crédit : © Frédéric Levêque 2021

4 avril. Le GIEC publie aujourd’hui la troisième partie de son 6e rapport de synthèse. Après avoir souligné les conséquences désastreuses du dérèglement climatique, ce nouveau chapitre montre comment nous pouvons éviter le pire et changer le cours des choses. Aujourd’hui, nous disposons des connaissances, des ressources et du soutien nécessaires pour inverser la tendance. Pourtant, nos gouvernements ne semblent toujours pas prendre la mesure de l’urgence. La Coalition climat appelle la Belgique à prendre ses responsabilités, en élaborant un plan d’action clair qui nous éloigne des technologies polluantes, et opère une transition vers une diminution de la consommation d’énergie et une utilisation maximale des énergies renouvelables.

Pas sur la bonne voie, mais de nombreuses options disponibles

Il est désormais urgent de reconnaître un nouvel objectif collectif : atteindre un pic des émissions mondiales d’ici 2025 au plus tard. C’est cette trajectoire qui nous permettra de rester sous la limite des 1,5°C de réchauffement global, en réduisant au maximum les chances de les dépasser. Selon les différentes estimations, nous nous dirigeons aujourd’hui vers un monde à +2,7°C voire 3,2°C. Pour changer le cours des choses de nombreuses options existent. La bonne nouvelle est qu’elles sont disponibles, abordables et efficaces. Le GIEC place l’élimination progressive des combustibles fossiles, tels que le pétrole, le charbon et le gaz, en tête de sa liste de tâches pour les huit prochaines années. « Il est temps désormais de repenser nos politiques pour permettre des changements structurels et sociétaux profonds, dit Nicolas Van Nuffel. 40 à 70% des émissions mondiales peuvent être réduites d’ici 2050 si on active réellement ces leviers, allant de l’alimentation à la consommation, en passant par nos modes de déplacements. À nos responsables politiques de mettre des alternatives viables et justes sur la table. »

10 solutions pour une transition juste et efficace

La Coalition Climat a produit un plan en 10 points pour aiguiller la Belgique. La première priorité est d’accroître l’efficacité énergétique et de réduire notre consommation d’énergie. Les solutions sectorielles sont également abordées, telles que la mise en œuvre d’un plan Marshall pour la rénovation et l’isolation des bâtiments ou des investissements dans l’aménagement du territoire. La question de la mobilité est également clé : nous devons nous engager pleinement en faveur de transports publics de qualité, d’infrastructures cyclables et du développement du covoiturage. Notre industrie doit également être mobilisée au service d’une économie respectueuse de l’environnement et développer l’économie circulaire. Cela nécessitera une approche coordonnée de la part du gouvernement fédéral et des Régions. Ces 10 solutions nécessitent par ailleurs une bonne gouvernance climatique, de la transparence et de la participation citoyenne. Enfin, le GIEC est clair : la justice sociale est une condition préalable à une politique climatique efficace. « Notre système se heurte à des limites sociales et écologiques. C’est pourquoi la Coalition Climat propose un Green New Deal, déclare Nicolas Van Nuffel. Notre économie doit s’éloigner d’un modèle fondé sur la course à la surconsommation, à la surproduction et au profit à court terme et se recentrer sur le respect des droits humains et de la nature. »

Une collaboration et une solidarité à tous les niveaux

Une transition équitable doit s’appliquer entre et au sein des pays. Le déploiement des technologies d’énergie renouvelable est inégalement réparti dans le monde, notamment au détriment des pays en développement Des ressources adéquates sont nécessaires pour mettre en œuvre efficacement l’Accord de Paris. « La crise climatique ne s’arrête pas aux frontières de la Belgique, explique Nicolas Van Nuffel. La Belgique doit augmenter de manière substantielle sa contribution au financement climat international, afin que les pays à faible revenu puissent également prendre le train de la transition. » En outre, nous devons à tout prix éviter les fausses solutions climatiques, telles que les biocarburants ou les produits électroniques, qui ont des conséquences néfastes pour les personnes et la nature sans réduire les émissions. C’est le seul moyen de limiter le réchauffement à 1,5°C et d’éviter d’aggraver les conséquences de la crise climatique.