Stopper la domination des géants du numérique

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Le commerce électronique, que la pandémie du Covid-19 a contribué à accélérer, prend une importance de plus en plus grande dans le monde actuel. Aujourd’hui plus que jamais, il est donc nécessaire de définir des règles sur la manière dont le commerce électronique doit être organisé au niveau mondial. Un dossier de la Plateforme Commerce juste et durable expose les enjeux.

Ces dernières années, des chapitres sur le « commerce numérique » et le « commerce électronique » ont été introduits dans les négociations commerciales bilatérales et plurilatérales dans le monde entier. Bien que les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’autorisent pas les négociations plurilatérales, 76 membres de l’Organisation mondiale du commerce ont déclaré début 2019 vouloir entamer des négociations de ce type sur l‘e-commerce, avec toutefois à l’ordre du jour un agenda fortement dicté par les grandes entreprises technologiques telles que Google et Alibaba.

L’intérêt des géants du numérique est surtout de sécuriser leur modèle économique à travers ces négociations. Cet objectif repose sur un accès illimité aux marchés mondiaux, un transfert et un stockage illimités de données commercialement intéressantes et le moins possible de réglementations gouvernementales qui interfèrent avec leur modèle économique. Leur objectif est de consolider autant que possible la liberté d’action qui est largement présente dans un monde numérique en plein développement, afin de renforcer leurs positions dominantes. Ils veulent empêcher les pays du Sud de prendre des mesures de protection pour développer leur propre industrie numérique et, de manière générale, que soient renforcées les mesures de protection des consommateurs, des travailleurs et des autres parties prenantes.

La douzième conférence ministérielle de l’OMC qui aura lieu à Genève du 12 au 15 juin est l’opportunité pour les géants du numérique d’étendre ces négociations et de promouvoir leur agenda auprès de tous les membres de l’OMC. Si nous laissons faire les grandes entreprises technologiques, un mauvais accord risque de conduire à un monde avec beaucoup d’emplois bas de gamme sans protection des droits fondamentaux, une érosion des droits à la vie privée des consommatrices et consommateurs et l’impossibilité pour les gouvernements d’imposer des règles au service du bien commun aux géants du numérique.

La Plateforme Commerce juste et durable a rédigé undossier dans lequel elle explique brièvement en quoi consistent les négociations sur le commerce électronique, quels sont les dangers du e-commerce et comment établir des règles numériques qui puissent réellement servir les intérêts des consommateurs, des travailleurs, des petites entreprises et du bien public, dans les pays développés comme dans les pays émergents et en développement.